21 février 2013

Chronique : Les prix explosent à Uccle et Ixelle pour le haut de gamme !

L'arrivée massive des français à Bruxelles depuis l'élection de François Hollande en juin 2012, les "cas" Bernard Arnault et Gérard Depardieu, qui ont fait couler beaucoup d'encre durant le 3e trimestre de cette même année, la bonne santé globale de l'immobilier bruxellois : tout ceci a fait tourner la tête aux propriétaires bruxellois qui, depuis quelques semaines, voire quelques mois, mettent leurs biens haut de gamme en vente ou en location à des prix défiant non pas toute concurrence mais toute honnêteté !!

La machine s'emballe : d'un côté, les français s'enfuient de leur pays sans demander leur reste, de l'autre, les belges se frottent les mains car la prise est facile et le client idéal.

Il est vrai que la polémique Arnault en Septembre 2012 et celle de Depardieu en Décembre n'ont pas aidé à calmer les esprits, au contraire, cela a stigmatisé une infime partie de français, moins de 1%, ayant les moyens de nos 2 stars, mais l'assimilation a été généralisée à "tous les français" qui arrivent à Bruxelle depuis !

Des français "normaux" avouent pâtir sérieusement de cette mauvaise pub et se font assimiler dans la presse ou dans les secteurs profitant de cette situtation, à de "riches cons" dixit un grand quotidien français. Le malaise grandit, les départs de France s'accélèrent, l'immobilier belge prospère.

Le sésame quand vous appelez une agence immobilière à Bruxelles : nous avons des clients qui arrivent. Ils sont français. Quel joli mot prononcé ! On n'entend plus que cela dans les bureaux immobiliers proposant du haut de gamme, et l'exode tant redouté par les socialistes français est là et bien là et la Belgique se frotte les mains.

Des propriétaires appellent pour mettre leur maison en vente, alors qu'ils n'en avaient pas le projet. D'autres donnent des fourchettes de prix de vente défiant toute loi du marché : une maison est à vendre... entre 5 et 10 millions d'euros, tout dépendra du client ! Depuis quelques semaines, nous visitons certains biens dont les loyers commencent à dépasser ce que vous pouvez trouver à Paris ou Neuilly, avec des prestations moins luxueuses et, remettons les choses en place, à Bruxelles.

Certaines agences avouent aujourd'hui cet emballement excessif dans ce marché bruxellois qui n'a de valeur que grâce aux belles réformes de notre président français.

Il est vrai que les offres haut de gamme à Bruxelles sont peu nombreuses pour cette clientèle aisée, et le marché est surtout très atypique, donc chaque bien a son prix, sans rapport avec celui d'à côté car tous les critères sont comptés et la marque de la cuisine, le parquet en chêne plus ou moins épais et la couleur de la peinture feront basculer le prix avec des variations innimaginables à Paris. Pas de Loi Carrez, pas de prix au mètre carré, pas ou peu de logique de quartiers. Chaque maison ou appartement est unique, chaque rue est différente de celle d'à côté, chaque façade ou chaque jardin fera la différence et un propriétaire valorisera son bien par quelques détails qui en fera le produit "splendide, unique, prestigieux, coup de coeur assuré, superbe, d'exception, luxueux, magnifique, de charme".

Alors, que faire et comment s'en sortir sur ce marché haut de gamme ultra volatile et incontrôlable ?

Ne pas dire que l'on est français ? Impossible, il n'y a presque plus que des français qui cherchent des biens haut de gamme dans ces quartiers de Uccle et d'Ixelles, et à la première visite, vous serez démasqués : votre accent, vos attitudes, votre manière de parler, de vous habiller, vos remarques et vos questions ne peuvent tromper l'agent ou le propriétaire belges, pour sûr, ils sont français ceux-là !

Négocier ? Oui, mais tout le monde le sait et le fait, et tout dépend de votre position par rapport au produit, du timing que vous avez, des autres offres présentes sur le marché, et surtout, du besoin ou non du propriétaire de louer ou de vendre sa maison, car là aussi la donne est différente de Paris, cette catégorie de belges aisés n'a pas besoin d'argent et peu attendre.... le pigeon ! Donc il trouvera et fera sa transaction à peu près au prix plancher et au délai qu'il s'est fixé. Et au final, la sélection se fera car le client a besoin de trouver, il a les moyens, et se sera quand même moins cher qu'à Paris ou Versailles ! Belle quadrature du cercle.

Attendre ? Si le client a le temps, en tout cas, se donner le temps et prévoir son projet de déménagement bien à l'avance pour bien décrypter le marché, les types de produits et ne pas devoir choisir dans l'urgence. Mais depuis quelques semaines, la machine est lancée et ce n'est pas en 2013 que les prix bruxellois retrouveront la raison, et peut-être même que certains quartiers de Bruxelles atteindront les prix d'une vraie capitale européenne comme Paris ou Londres.

Encore faudrait-il que l'Europe et la Commission européenne n'obligent à une unification fiscale mais les accords bilatéraux entre la France et la Belgique ne peuvent être modifiés qu'après accord des 2 camps, et la Belgique n'a certainement pas l'intention de perdre une manne aussi juteuse que ces particuliers et ces entreprises françaises qui viennent déposer leurs capitaux dans ses banques et ses villas d'exception.

 

Caroline Lucidi Joubert

21 janvier 2013

09:37 Écrit par Home Dating Team | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |